Cet article a vertu à partager un vol bivouac réalisé par les membres du club – n’hésitez à prendre contact avec eux pour avoir plus de détails sur leur périple
Quatre membres du club s’étaient inscrits à la Transpyr, organisée par Soarings. La veille du départ, nous apprenons l’annulation de l’événement. Les prévisions météos sont défavorables pour une grande partie de la semaine, avec un flux de sud-ouest renforçant les brises de vallée sur le versant espagnol. À cela s’ajoutent de fortes incertitudes quant à l’ouverture des parcs nationaux, en raison du risque élevé d’incendie.
Plutôt que de renoncer à cette semaine réservée au parapente, trois d’entre nous (Paul, JP et Bruno) décident d’improviser une sortie bivouac dans les Alpes. Le principe est simple : prendre le train jusqu’à Aspres-sur-Buëch, décoller de la Longeagne et remonter vers le Nord, sans itinéraire figé ni destination précise, en laissant les conditions guider notre progression.
Jour 1 :
Nous arrivons à Aspres le mardi matin à 10 h 30. Bien ralentis par nos sacs d’une vingtaine de kilos, nous mettons deux heures et demie pour faire les 800 mètres de dénivelé jusqu’au déco. Une fois là-haut, le vent de Sud souffle déjà trop fort. Nous faisons la connaissance de Christophe, du club local Entre Ciel et Buëch, qui patiente sur le décollage depuis plus d’une heure. Après plusieurs tentatives et de longues heures d’attente, il ne trouvera finalement la bonne « molle » qu’en toute fin de journée.
Nous choisissons de passer la nuit sur place au déco. Heureusement, David Richier, de l’école Parapente Max, nous remonte généreusement huit litres d’eau lors de sa dernière rotation en biplace, car nos réserves sont quasiment épuisées. Nous prenons cette journée d’attente avec philosophie et profitons pleinement du calme et du panorama de ce magnifique bivouac.

Jour 2 :
Le lendemain matin, plusieurs pilotes montés à pied installent leurs ailes, parmi lesquels Christophe. Nous envisageons de voler ensemble jusqu’aux Richards. L’idée est de décoller avant que le vent ne se renforce, d’attendre en local de pouvoir monter à 2 000 mètres, puis de partir vers le nord en direction du Durbonas avant de bifurquer à l’Est vers le pic de Bure, avec, si ca le fait, une arrivée aux Richards.

Nous décollons un peu après 11 heures. L’air est déjà bien vivant, mais ç ne monte pas encore. Après une heure de vol, nous décidons de reposer à l’atterro, près de l’aérodrome. Christophe, plus patient, finira par trouver le bon cycle et atteindra le pic de Bure.
Après un bon repas au resto de l’aérodrome, nous renonçons à rejoindre les Richards en stop. Nous préférons une sieste à l’ombre en attendant le train de 18:16 pour Monestier-de-Clermont, point de départ de notre montée vers le Serpaton. Il y a 750 mètres de dénivelé depuis la gare.
Arrivés à Monestier vers 19 h 30, nous entamons la montée et trouvons, après une petite heure de marche, un emplacement idéal pour bivouaquer.
Jour 3 :
Le jeudi matin, une belle montée en forêt nous conduit au décollage du Serpaton. Nous attendons que les thermiques s’installent, puis décollons tous les trois un peu avant midi. Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons regroupés au-dessus du décollage.
Les prévisions annonçant une journée de vendredi trop ventée pour voler, notre objectif est désormais de rentrer à la maison en suivant les faces Est du Vercors.
Paul et JP choisissent une trajectoire directe vers les Deux Sœurs, tandis que Bruno passe par la crête de la Ferrière. Les deux options fonctionnent bien. Le flux de Sud se fait nettement sentir et rend l’air turbulent à proximité des crêtes. JP contourne le Serpaton par l’Ouest avant d’aller poser à Lans-en-Vercors, tandis que Paul et Bruno restent côté Est et terminent leur vol à Claix.
Nous avons un moment envisagé de poursuivre vers la Chartreuse, mais la fatigue accumulée et des conditions déjà bien soutenues nous convainquent de poser. Avec le recul, c’était la bonne décision: En milieu d’après-midi, une onde de pression liée à l’activité orageuse se propage vers l’Est et provoque brutalement des rafales atteignant 80 km/h; un phénomène, aussi soudain qu’invisible en l’absence de nuages. En découvrant cela après coup, nous avons eu quelques sueurs froides.
Au final, cette petite aventure improvisée nous laisse d’excellents souvenirs. Même si nous n’avons pas parcouru les kilomètres imaginés au départ, nous avons retrouvé ce qui fait le charme du vol-bivouac : partir avec un projet minimal, s’adapter aux conditions, accepter les imprévus et profiter du voyage. Une chose est sûre : nous recommencerons, probablement dès l’automne, dans des conditions un peu plus paisibles.
